Les Protestants à Couches

   

  

 

Au XVIe siècle, Couches fut désigné pour recevoir une colonie de riches protestants suisses. Commerçants, ils s'établirent dans le village afin de répandre leur religion.

Ils construisirent un temple et une maison toute proche pour le pasteur. Cette maison, connue aujourd'hui sous le nom de "vieil hôpital" porte la date de 1565. Elle fut transformée par un édit de Louis XIV en hôpital de neuf lits. Ces riches protestants construisirent en 1610 une école pour enfants protestants. Après la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, cette école offrit l'hospitalité au pasteur et aux fidèles de l'église réformée et abritait dans ses murs un petit temple.

Au centre du quadrilatère Autun-Chalon-Beaune-Le Creusot, Couches était le centre réformé le plus actif du baillage d’Autun. Des prêches en plein air réunissaient de mille à douze cents auditeurs qui chantaient les Psaumes, tandis qu'à l'entour, des veilleurs montaient la garde, l'épée à la main. Le 15 août 1673, s’y tient le synode de Bourgogne. C’est l’année où la religion prétendue réformée est interdite.

Sur appel des réformés de Couches, un arrêt de 1674 autorise le culte, mais ordonne que la porte du Temple sera murée à la diligence du Syndic du clergé du diocèse d'Autun. Enfin, ordre est donné de démolir le Temple en 1862. Cet ordre a-t-il été exécuté ?

L'Edit de Fontainebleau du 10 octobre 1685 portant révocation de l'Edit de Nantes, conduisit de nombreux protestants, en Bourgogne comme ailleurs, à choisir l'exil plutôt que l'abjuration.

Il se passe à Couches ce qui se passa dans la France entière : des protestants émigrent et voient leurs biens saisis. D'autres meurent pour ne pas renoncer à leur foi. Ceux qui abjurent le protestantisme sont surveillés par les prêtres catholiques et sont, la plupart du temps l'objet de persécution.

La Révocation fit péricliter les fabriques de draps et de tissages. Les "nouveaux convertis," comme on les appelait, inspiraient peu confiance. L'abjuration de beaucoup d'entre eux était bien sûr plus formelle que réelle. Même en Bourgogne un culte secret persistait. Ils étaient soupçonnés de se réunir en cachette. Louvois, ministre de Louis XIV, ordonna de rechercher ces assemblées, de tuer le plus grand nombre de participants sans distinction d'âge ou de sexe et de faire le procès très rapide des survivants. Le 13 avril 1693, il ordonna au nom du roi, que leurs enfants (pour ceux qui disposaient d'un revenu suffisant) devaient être placés d'autorité, les garçons dans les collèges ou écoles catholiques et les filles dans les couvents. Une enquête effectuée en 1695 à la demande de Monseigneur Gabriel de Roquette, évêque d'Autun, par deux de ses Grands Vicaires et le curé de Couches est assez édifiante: 87 maisons identifiées, rapports individuels sur une trentaine de personnes, "les moyens dont on croit qu'on pourrait se servir pour obliger les réunis de Couches à faire leur devoir", bref, un véritable rapport de police!

Les Archives Départementales de Saône-et-Loire, dans le fonds de l'Évêché d'Autun conservent le résultat de ces enquêtes pour Couches. La bonne conscience cynique et naïve à la fois des enquêteurs nous éclaire sur les sentiments de cette époque. 

Si le protestantisme n'eut pas, comme dans d'autres régions de France, la possibilité de persister, certains éléments n'acceptèrent jamais cette contrainte imposée à leur conscience. La fin du protestantisme à Couches est fixée à la mort le 27 mars 1775 d'Elisabeth LAPREE qui avait 11 ans lors de la visite des nouveaux convertis.

En résumé, la Réforme avait multiplié le nombre des protestants dans notre région,

Aux Synodes nationaux de Charenton (1631 et 1644) la Bourgogne fut représentée par des Anciens de Couches : Timothée (1631) et François ARMET (1644). 

Couches a donné deux pasteurs aux Eglises : Salomon de CARROUGE, pasteur de Beaune (1647) puis à Châtillon sur Seine (1649) et Lazare ARMET qui exerça le ministère dans le pays de GEX (1660) ? 

A noter que Couches possède un registre paroissial protestant (ancêtre de l’état-civil)jusqu'en 1685.



Sources :
 
  • Henri PETIT (Bulletin n°9 de l'Académie François Bourdon, février 2008)
  • Archives départementales de Saône et Loire
  • Geralde Nakam: "Au lendemain de la Saint Barthélemy"