L'histoire du Prieuré Saint Georges
 
Le monastère St Georges de Couches, fondé au VIIIe siècle par Pépin le Bref, eut d'abord le titre d'abbaye. Détruit en 725 par les Sarrasins, il fut rebâti au IXème siècle, puisqu'il en est fait mention dans un diplôme de CHARLES LE CHAUVE, en 843. Il devint abbaye.
Mais sa prospérité avait attiré les convoitises et au Xe siècle, ce siècle qu'on a appelé "le siècle de fer", les gens puissants du voisinage en saisirent les terres.
En 939, l'Abbaye fut de nouveau détruite, et transformée en forteresse militaire par l'évêque ROTMOND pour se protéger des invasions hongroises. Elle tomba aux mains des laïques, en 990, et laissée à l'abandon.
 
Le prieuré tomba en la possession d'un vassal des comtes de Chalon. Il ne restait alors plus qu'un prêtre pour le service religieux des habitants. Une partie de ses terres était devenue un fief rattaché à un petit château fort construit à cette époque, le premier château de Couches.
 
Au début du XIe siècle, l'évêque d'Autun, Helmoin, obtint, avec l'appui du comte de Chalon la restitution du monastère et d'une partie des terres voisines. Pour assurer la vitalité et la protection du monastère ressuscité mais amoindri, Helmoin, en 1026, fit reconnaître l'union de celui-ci à l'abbaye de Flavigny par une charte signée du Roi de France Robert, de son fils le futur Henri Ier et d'une vingtaine de grands personnages, évêques, abbés, comtes.
 
Au point de vue féodal, l'abbaye de Flavigny dépendait de l'évêque d'Autun qui n'avait pas toujours une force militaire suffisante pour protéger le monastère St Georges.
Le Monastère fut réparé de telle façon qu'en 1098 HUGUES DE FLAVIGNY, petit-fils de L'empereur OTHON III, pouvait y recevoir "somptueusement", et y traiter "magnifiquement" I' évêque d'Autun, qui revenait de Lyon.
En 1187 un contrat de pariage entre le Roi de France Philippe Auguste et l'abbaye de Flavigny assure à Couches la protection du Roi avec la présence d'un prévôt royal. En contrepartie des redevances étaient perçues par le bailli royal de Mâcon.
En 1359 et en 1360 Couches subit l'assaut des anglais qui ne laissèrent que "ruines" sur leur passage. Le prieuré fut très endommagé, le monastère fut entièrement ravagé par le feu, les cloches elles-mêmes fondirent. Sa remise en état devait être rapidement entreprise, puisqu'en 1364, le prieur "HUGUES DE MONTAIGU" demandait à l'abbaye de Flavigny, de pouvoir consacrer les 100 livres annuelles de redevances, aux réparations, faculté qui lui fût accordée le 3 janvier 1365.
 
Au cours des années 1438 et 1441, "les Ecorcheurs", l'une de ces compagnies de brigands, qui semait la terreur au Moyen-âge, pillèrent et saccagèrent Couches et les environs. Nul doute que le prieuré reçu leur visite. ANTOINE DE CLUGNY, prieur en 1463, restaura l'église du prieuré, et y fonda la chapelle en l'honneur de SAINT JEAN l'évangéliste et SAINTE MADELEINE. L'autel fût consacré le 7 août 1496.
La vie monacale reprend son cours mais en 1620, les bâtiments sont rachetés par la ville d'Autun. Le prieuré devient alors une résidence d'été pour un collège de jésuites.
En 1655, le prieuré achète le domaine de la Croix Vallot qui deviendra maison de repos pour les professeurs de ce collège d'Autun. Les jésuites enseigneront et administreront les biens du prieuré jusqu'en 1762, date d'un édit royal leur retirant le droit d'enseigner. Dans la tourmente de la révolution, le prieuré est saisi comme bien national, morcelé et vendu en lot. Les tours sont rasées sauf une, la tour des Archives.
Prieuré