La place de Couches dans l'essor industriel du Creusot

En 1783, la société Perrier achète les terres de Chalencey renfermant le minerai, en même temps que la concession de François de la Chaise au Creusot.
 
Lorsque les deux frères Schneider reprennent Le Creusot, la production de Chalencey représente 85 % des besoins en minerai de l’usine. L’entrepreneur chargé des mouvements de marchandises à l’intérieur de l’usine s’occupe aussi du recrutement des voituriers et de l’entretien des voies depuis Chalencey.
 
C’est par une ordonnance du 17 juillet 1837 « qu’il est fait concession à la Société SCHNEIDER frères et Compagnie des mines de fer situées au lieu-dit de Chalencey dans la commune de Couches. » ordonnance suivie du cahier des Charges.
 
En fonction du lieu d’exploitation du minerai extrait à Chalencey, de sa variété, il continue d’emprunter la route sur la totalité du trajet, mais peut aussi être transporté à Saint-Léger-sur-Dheune, puis transiter par le canal du Centre, ouvert à la circulation en 1793. C’est à partir de février 1838 que cette modification du système de transport est proposée, en vue de soulager le réseau routier.
Mais la qualité du minerai ne convient pas à toutes les fabrications. Les rails sont une des rares fabrications pour lesquelles le minerai de Chalencey convient parfaitement. En 1847, il existe déjà 35 petits puits de mine alors que 12 sont en fonçage. La progression de la production de la forge se répercute sur celle de l’exploitation minière dont l’organisation se révèle inadaptée aux besoins croissants. Un déséquilibre aux conséquences fâcheuses apparaît. Certains chantiers souterrains étant inondés pendant l’hiver, la production est interrompue au moment où la main-d’œuvre devient abondante. (les paysans qui deviennent mineurs au moment où les travaux des champs ne nécessitent plus l’appoint de leurs bras.)
Pour améliorer encore les conditions de transport et généraliser le recours au canal du Centre, Adolphe Schneider fait concentrer les sondages et le fonçage au plus près du canal. En 1844, les travaux de recherche sont couronnés de succès à Cromey et surtout, Mazenay. En 1855, Schneider et Cie rachète la concession des mines de Change, date qu’il faut mettre en relation avec une grève des mineurs de Mazenay.
La volonté de diversifier les approvisionnements et les qualités de minerais conduit à l’abandon en 1859 du gisement de Chalencey dont les réserves s’élèvent encore à 700 000 tonnes.
Il y a seulement 6 ans que Couches est devenu Couches les Mines !... ( 28 avril 1853)
La production des mines de Mazenay-Change progresse désormais à un rythme soutenu. En 1867, avec une extraction de 243 000 tonnes, la production de la mine couvre l’ensemble des besoins en minerai de fer calcaire de l’usine. L’exploitation se poursuivra jusqu’en 1911.